Cinq manufactures indépendantes à suivre en 2026
Voutilainen, Rexhepi, Petermann-Bédat, MB&F, F.P. Journe : tour d’horizon des ateliers où se joue, mouvement par mouvement, l’avenir de l’horlogerie.
Par Hélène Cardon · · 7 min de lecture

© Antigravity AI
Les grands groupes horlogers ont passé la dernière décennie à raconter une histoire d’échelle : intégration verticale, production interne, gestion de la rareté. Pendant ce temps, dans des ateliers de quelques mètres carrés répartis entre Genève, Renens, Môtiers et la banlieue zurichoise, une poignée d’horlogers ont fait le pari inverse.
Rexhep Rexhepi, l’élève qui a dépassé ses maîtres
Fondée en 2012 à Genève, Akrivia est la maison de Rexhep Rexhepi, ancien apprenti chez Patek Philippe et F.P. Journe. Son Chronomètre Contemporain II a généré des listes d’attente de plusieurs années, et chaque pièce livrée se voit revendue, presque mécaniquement, au double sur le marché secondaire. Ce n’est pas de la spéculation : c’est l’aveu collectif qu’il fabrique mieux que ce que produit aujourd’hui n’importe quelle grande maison à prix comparable.
Kari Voutilainen, la finition comme religion
Installé à Môtiers, dans le canton de Neuchâtel, Kari Voutilainen pratique une horlogerie d’une autre époque. Cadrans guillochés à la main, anglages tirés au bouton de Polish, calibres dessinés dans la veine des grandes manufactures du XIXᵉ siècle : la Vingt-8 en est l’exemple le plus connu. Référence absolue de ce que signifie « fait main » en haute horlogerie.
Petermann-Bédat, la jeunesse romande
Gaël Petermann et Florian Bédat se sont rencontrés à l’école d’horlogerie de Genève en 2007. Installés à Renens, ils ont fait sensation avec leur 1967 Dead-Beat Seconds : une seconde morte mécanique d’une élégance désarmante, à un prix qui reste, pour quelques mois encore peut-être, accessible aux collectionneurs sérieux mais non fortunés.
Je ne fais pas des montres. Je crée des sculptures cinétiques qui donnent l’heure. Maximilian Büsser, MB&F
MB&F et F.P. Journe, les pionniers toujours en avance
Maximilian Büsser, après être passé par Jaeger-LeCoultre puis Harry Winston, a fondé MB&F en 2005. Ses Horological Machines et Legacy Machines ont créé une catégorie à elles seules : la sculpture horlogère.
François-Paul Journe, lui, n’a plus rien à prouver. Installé en Suisse depuis 1989, signature « Invenit et Fecit » gravée sur ses calibres comme un défi aux conventions, il continue de produire en quelques centaines d’unités par an des pièces (Souveraine, Chronomètre à Résonance) confirmées comme valeurs refuges par les enchères de 2026.
Une bulle qui se rationalise
Les enchères Phillips et Sotheby’s de la dernière année racontent une histoire en deux temps : les pièces uniques et les séries vraiment limitées des cinq noms ci-dessus continuent de progresser, tandis que les éditions plus larges connaissent une correction salutaire. Le marché distingue désormais l’artisanat de la production. C’est probablement la meilleure nouvelle pour ces ateliers depuis dix ans.
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