Aller au contenu
Le Blog Horloger EN

Marché

Vintage, néo-vintage : où va le marché en 2026

La grande marée vintage des années 2010 s’est retirée. Ce qu’elle laisse derrière elle dessine un marché polarisé, et plus exigeant que jamais sur l’authenticité.

Par Jean-Baptiste Marin · · 7 min de lecture

Montre chronographe vintage avec cadran patiné.

© Antigravity AI

Pendant une décennie, de 2015 à 2022 en gros, le marché vintage a fonctionné comme une vague. Tout montait, tout le monde y trouvait son compte, et la question principale du collectionneur n’était pas quoi acheter mais quand revendre. Ce temps-là est derrière nous. Ce qui le remplace est plus sain, plus difficile, et surtout plus intéressant.

La fin de la vague, le début de la marée

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La Daytona acier en retail à seize mille neuf cents dollars, qui s’échangeait au-delà de cinquante mille au pic spéculatif de 2022, se négocie désormais autour de trente mille sur le marché secondaire. La 5711/1A, dernière Nautilus en acier de Patek, sommet d’absurdité à deux cent quarante mille dollars, est redescendue dans la zone des cent mille, encore très éloignée du retail historique, mais l’écart se réduit.

Cela ne signifie pas que le marché s’effondre. Cela signifie qu’il se trie. Selon le rapport Matthew Bain 2026, « la vraie originalité est devenue le seul vrai moteur de prime. Deux mille vingt-six sera l’année de la polarisation. »

Néo-vintage : la fenêtre qui se ferme

Le néo-vintage, disons grossièrement 1988-2005, concentre aujourd’hui l’attention des collectionneurs avertis. La logique est simple : ce sont les dernières montres conçues avant la digitalisation des collections, avant la standardisation industrielle des composants, avant la financiarisation du marché.

Les noms à surveiller, sans ordre particulier : Omega Speedmaster Reduced, IWC Mark XV, Patek 5070, Daytona « Zenith » 16520, premières Cartier Pasha, Heuer 2000 Series. Aucune de ces références ne fait encore les gros titres. C’est exactement pour cette raison qu’elles méritent qu’on s’y intéresse maintenant.

L’originalité comme nouvelle valeur cardinale

Le marché vintage n’est plus une vague qui soulève tout. C’est une marée qui sépare désormais les vraies pièces des copies oubliées par le temps.

Ce qui s’impose, dans les ventes Phillips, Sotheby’s et Antiquorum, c’est la prime systématique à l’originalité totale. Cadran d’origine non repeint, aiguilles non remplacées, lume jamais ravivé. Ces critères, qui n’étaient autrefois qu’un plus, sont désormais la condition nécessaire pour qu’une pièce atteigne le haut de sa fourchette d’estimation.

À l’inverse, les pièces « service replacement » (boîtier d’origine mais composants remplacés par Rolex ou Omega lors d’une révision) voient leur cote se déconnecter négativement.

Et la nouvelle génération

Donnée intéressante : selon Chrono24, 41 % des nouveaux acheteurs sur la plateforme en 2026 ont moins de trente ans. C’est la première fois qu’une telle proportion s’observe. Cette génération arrive avec un rapport au vintage différent : moins de fétichisme du nom, plus d’intérêt pour l’histoire technique. Cela pourrait, à terme, déplacer la prime vers d’autres références que celles qui dominent depuis vingt ans.